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NôLe nō (能) est un des styles traditionnels de théâtre japonais, venant d'une conception religieuse et aristocratique de la vie. Ce sont des drames lyriques au jeu excessivement dépouillé et codifié. La gestuelle des acteurs est stylisée autant que la parole qui semble chantée.
théâtre japonais, Hiroshima]]
Histoire
Sarugaku et Dangaku
Jusqu'au siècle, le Nō est connu sous le nom de Sarugaku no nō, ou simplement sarugaku. Ce dernier terme provient lui-même de sangaku, qui designe tout un ensemble d'arts du spectacle, incluant les acrobaties, la jonglerie, la prestidigitation et le pantomime, importés de Chine. Progressivement, le pantomime comique devint l'attraction principale, entraînant le changement de nom (sarugaku pouvant se lire spectacle du singe).
À la même époque, les traditions et rites paysans avaient donné naissance au dangaku, ensemble de danses et de rites destinés à assurer de bonnes récoltes et à apaiser les mauvais esprits. Pratiqués en relation avec les pratiques divinatoires du bouddhisme ésotérique, ces rituels avaient l'appui des grands seigneurs et des grands temples bouddhistes. Ces appuis amenèrent les danseurs dengaku à mettre l'accent sur la dimension dramatique de leur art. Le kagura, souvent mentionné comme une des sources essentielles du nō est ainsi une forme de dengaku.
Kan'ami et Zeami
La popularité de Dengaku est à son apogée quand naît Kiyotsugu Kan'ami (1333 − 1384). En 1345, il se lie avec Yoshimitsu Ashikaga, futur shogun. L'appui conféré par cette puissante relation permit à Kan'ami de développer une synthèse de pantomime sarugaku et des danses et chants du dengaku dans la direction d'un art élégant et raffiné, adapté aux goûts d'un public aristocratique.
La paternité du nō revient cependant au fils de Kan'ami, Motokiyo Zeami (1363-1443). Acteur dans la troupe de son père, il bénéficia également de la faveur du shogun. Poussant la stylisation plus loin que ne l'avait fait son père, il imposa le yūgen, élégance tranquille, comme idéal du nō. Zeami fut à la fois un acteur, un metteur en scène, et un auteur prolifique, écrivant tout à la fois des pièces et des essais théoriques qui devinrent les fondations du nō. Il est probable qu'il remania en pronfondeur la plupart des pièces écrites par son père, ainsi que les pièces antérieures. Du fait de la contrainte imposée par ces nouvelles règles, l'aspect burlesque du sarugaku trouva son expression dans la forme comique du kyogen, dont les représentations sont liées comme un contrepoint à celles du nō. Le traité essentiel de Zeami est La Transmission de la fleur et du style (Fushi Kaden), écrit en 1423 et qui reste l'ouvrage fondamental pour les acteurs contemporains.
Nō et shoguns
L'histoire ultérieure du nō est étroitement liée à ses relations avec le pouvoir. Ainsi, après la mort de Kan'ami, trois personnes se partageaient le devant de la scène : Zeami lui-même, son cousin On'ami (mort en 1467) et son frère adoptif Zenchiku Konparu (1405 − 1470). Adeptes d'un style plus flamboyant que celui de Zeami et sans doute aussi meilleurs acteurs, On'ami et Konparu reçurent la faveur des successeurs de Yoshimitsu Ashikaga, les shogun Yoshinori Ashikaga (1394 − 1441) et Yoshimasa Ashikaga (1436 − 1490), tandis que Zeami tomba en disgrâce.
La guerre d'Ōnin et l'affaiblissement du pouvoir des shogun qui en découla porta un grave coup au nō. Afin de survivre, les descendants de On'ami et de Zenkichu Konparu tentèrent de s'adresser à un public plus large en introduisant plus d'action et plus de personnages.
Le renouveau du nō eut cependant lieu sous les auspices de Oda Nobunaga (1534 − 1582) et de Toyotomi Hideyoshi (1537 − 1598), ce dernier étant un grand amateur de nō, qui assurèrent la protection des troupes. Dans le même temps, la culture splendide de l'époque Momoyama marqua profondément le nō, lui transmettant le goût des costumes magnifiques, la forme des masques encore employés aujourd'hui ainsi que la forme de la scène. C'est également à cette époque que se fige le répertoire du nō.
Cette protection fut poursuivie à la période Edo sous l'autorité des Tokugawa. Déjà profondément lié à une transmission familiale, le nō devint alors totalement une affaire de famille, chaque acteur devant appartenir à un lignage (l'adoption d'adultes était alors une pratique courante, permettant d'intégrer de nouveaux acteurs). Cette évolution est à mettre en relation avec la division de la société en classes de plus en plus étanches qui eu lieu à cette époque.
Élément essentiel des divertissement des shogun et par extension des samourai, le nō devint pratiquement réservé à ces derniers. Sous l'influence de ce public, les représentations se firent plus solennelles et plus longues, le nō devenant un art sérieux, demandant une grande concentration de la part du public.
Vers le nō contemporain
Le nō faillit bien disparaître avec ses protecteurs à l'époque Meiji, avant de connaître un retour en grâce à partir de 1912. C'est à cette époque que le terme Nōgaku commença à être utilisé pour désigner l'ensemble formé par le nō et le kyōgen et que se construisirent les premières salles exclusivement dédiées à cet art.
À nouveau menacé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le nō réussit à survivre, et constitue aujourd'hui un des arts traditionnels les plus établis et les mieux reconnus. Le nō fut la première forme d'art dramatique à être inscrite, en 2001, sur la liste du patrimoine mondial intangible de l'UNESCO en tant que part du nōgaku, conjointement au kyogen.
Dramaturgie
Ce sont des drames brefs (entre trente minutes et deux heures) : une journée de nô est composée de cinq pièces, de catégories différentes.
La scène
kyogen
La scène procède du dispositif chinois : un quadrilatère à peu près nu (excepté le kagami-ita, peinture d'un pin au fond de la scène) ouvert sur trois côtés entre les pilastres de cèdre qui en marquent les angles. Le mur à droite de la scène est appelé kagami-ita, tableau-miroir. Une petite porte y est ménagée pour permettre l'entrée des musiciens et du chœur. La scène, surélevée, est toujours surmontée d'un toit, même en intérieur, et entourée au niveau du sol de gravier blanc dans lequel sont plantés de petits pins au pied des piliers. Sous la scène se trouve un système de jarre de céramique amplifiant les sons lors des danses. Les détails de ce système sont l'apanage des familles de constructeurs de scènes de nō.
chinois
L'accès à la scène se fait pour les acteurs par le hashigakari, passerelle étroite à gauche de la scène, dispositif adapté ensuite au kabuki en Chemin des fleurs (hanamichi). Considéré comme partie intégrante de la scène, ce chemin est fermé côté coulisses par un rideau à cinq couleurs. Le rythme et la vitesse d'ouverture de ce rideau donne au public des indications sur l'ambiance de la scène. La longueur du hashigakari impose des entrées spectaculaires. Le long de cette passerelle sont trois petits pin, ceux-ci définissent des zones où l'acteur peut faire une pause pour dire quelques mots, avant son arrivée sur scène. Selon l'endroit codifié où l'acteur s'est arrêté, le public comprend le type de rôle qu'il interprète. Selon aussi que le personnage marche sur la passerelle plus près ou plus éloigné du public, ce dernier peut deviner le degré d'humanité du rôle. Tous ces éléments ainsi que les propriétés de résonance de la scène obligent les acteurs à utiliser un pas glissé particulier, sans choc des pieds sur le sol et les hanches très basses (suriashi).
Du fait de la large ouverture de la scène, le public est disposé pratiquement sur trois côtés. De ce fait, l'acteur doit prêter une attention particulière à son placement. Les masques limitant sévèrement son champ de vision, l'acteur utilise le pilier avant gauche de la scène pour se positionner.
Musique et texte
En plus des acteurs, la scène est occupée par des musiciens, rangés au fond de la scène, et par un chœur de huit à douze personnes occupant le côté droit. La musique est produite au moyen de trois types de tambours de taille croissante, l'un porté à l'épaule (ko-tsuzumi), le second entre les jambes (ō-tsuzumi) et le troisième (taiko) utilisant des baguettes de cyprès, ainsi que d'une flûte de bambou à sept trous (fue). Les deux premiers tambours ont un corps de cerisier, le troisième d'orme, tous sont tendus de cuir de cheval et réglé par des cordes de lin. La musique a pour fonction de créer l'ambiance, souvent une athmosphère étrange, en particulier quand interviennent des éléments surnaturels. Les anciens masques du nō étaient tenus par la bouche et les acteurs ne pouvaient pas prononcer de texte, c'était donc antiquement le chœur qui parlait à sa place. Actuellement, le chœur est chargé de fournir les éléments de narration et de dire les répliques d'un acteur lorsque celui-ci exécute une danse, ou afin d'amplifier l'intensité dramatique d'une tirade. La domination des percussions dans la musique souligne l'importance fondamentale du rythme dans la représentation de nō.
Le texte est psalmodié selon des intonations sévèrement codifiées. Du fait de la fixation du répertoire à la fin du , le texte est en japonais archaïque, incompréhensible pour les Japonais contemporains. La plupart des salles proposent ainsi des traductions du texte.
Acteurs
japonais
Il y a quatre catégories principales d'acteurs de nō, et huit catégories principales de rôles :
- Le shitekata correspond au type de jeu d'acteur le plus représenté. Ces acteurs interprètent divers rôles, dont le shite (le protagoniste), le tsure (compagnon du Shite), le jiutai (chœur chanté, composé de six à huit acteurs), et les koken (serviteurs de scène).
- L'acteur wakikata incarne les rôles de waki, personnage secondaire qui est la contre-partie du shite.
- Le kyogenkata est le style de jeu réservé aux acteurs jouant les rôles populaires dans le répertoire nô et toute la distribution des pièces kyogen (représentées en intermède entre deux pièces nō).
- Le style hayashikata est pour les musiciens qui jouent des quatre instruments utilisés dans le nō.
Les acteurs interprêtant des rôles de shite et de waki sont entraînés séparément, sous la direction de professeurs différents. Il est impossible de passer d'une catégorie à l'autre, ce qui augmente le contraste entre le jeu des deux types d'acteurs.
Le Shite
Le shite est avant tout l'acteur qui joue le personnage principal de la pièce et qui excécute les danses. Il doit pouvoir jouer une vaste gamme de personnages, allant de l'enfant au dieu en passant par le vieillard ou la femme. Tous les acteurs étant des hommes, la nature d'un personnage est signifiée par son costume, très élaboré, et surtout par son masque, plus petit que la taille réelle. Seuls les acteurs shite mettent des masques, réputés concentrer l'essence du personnage à interprêter. Lorsque le personnage est un homme d'âge mûr, le shite joue sans masque. Il doit alors garder un visage sévèrement inexpressif, tout comme les autres personnes présentes sur scène, et jouer comme s'il portait un masque (hitamen).
L'acteur entraîné comme shite peut aussi être amené à jouer des personnages secondaires lorsque ceux-ci sont des femmes, des enfants, des animaux ou des êtres surnaturels.
Le Waki
Le rôle essentiel du waki est d'interroger le shite et de lui donner une raison pour effectuer sa danse. Joué sans masque, le waki est toujours un humain mâle en vie au moment de la pièce. Il peut s'agir d'un aristocrate, courtisan ou envoyé, d'un prêtre, d'un moine, d'un samourai ou d'un homme du peuple. Sa fonction sociale est indiquée par son costume.
Pièces
samourai, Hiroshima]]
Une pièce de nō implique toutes les catégories d'acteur. Il y a approximativement 250 pièces au répertoire. On peut les répartir en deux groupes selon leur réalisme, ou en six catégories selon le thème. Ce dernier influera sur le moment où la pièce est jouée au cours de la journée traditionnelle de nō, qui comporte une pièce de chacune de ces six catégories.
Genzai nō et mugen nō
Le genzai nō désigne les pièces réalistes. Le personnage principal est alors un être humain vivant, et l'histoire se déroule en temps réel. La pièce est centrée autour des sentiments du personnage, toujours pris dans une situation dramatique. Le dialogue parlé constitue le moyen essentiel d'exposition.
Le mugen nō fait en revanche appel à des créatures imaginaires, divinités, fantômes ou démons. Ces créatures sont toujours jouées par le shite. Les pièces sont alors divisées en deux actes. Dans le premier, la créature apparaît sous l'aspect d'un être humain au waki venu visiter un lieu sacré ou célèbre. Au second acte, il se révèle et exécute une danse. Ce second acte est supposé se dérouler dans un rêve ou une vision de waki, d'où le nom de mugen, qui désigne ce type d'expérience.
Le sujet des mugen nō fait le plus souvent référence à une légende ou à une œuvre littéraire. Écrit dans une langue à la fois archaïque et poétique, le texte est chanté selon des intonations obéissant à des règles strictes de kata (formes imposées par la tradition). De même, les acteurs adoptent pour ce type de pièces un pas glissé caractéristique, et les mouvements des danses sont eux-mêmes très codifiés. Cette stylisation extrême donne à chaque mouvement et intonation une signification conventionnelle propre.
La mise au point des caractéristiques essentielles du mugen nō est attribuée à Zeami. Plutôt que de tenter de re-créer la beauté sur la scène, son but est de susciter dans l'auditoire un état d'esprit propre à la contemplation de la beauté, sa référence étant le sentiment éprouvé face à la beauté d'une fleur.
Les six types de pièces
Les pièces de nō sont le plus souvent classées par sujet, qui régissent leur ordre de représentation. Cet ordre constitue un héritage de l'époque des Tokugawa :
- Okina/Kamiuta.
- 1 catégorie : pièces de dieux.
- 2 catégorie : pièces de guerriers.
- 3 catégorie : pièces de femmes.
- 4 catégorie : pièces de femmes folles.
- 5 catégorie : pièces de démons.
Okina/Kamiuta
Il s'agit d'une pièce unique alliant danse et rituel shinto. En toute rigueur, il ne s'agit pas de nō, mais d'une cérémonie religieuse utilisant le même répertoire de techniques que le nō et le kyogen. Il représente la bénédiction accordée par une divinité à l'assistance. Le masque est alors un objet religieux à part entière.
Ces pièces sont aussi connues sous le nom de Sanban, « les trois rituels », en référence aux trois pièces essentielles Chichi-no-jo, Okina, et Kyogen Sanba-Sarugaku. Le rôle principal est tenu par un acteur de nô, le rôle secondaire par un acteur de kygogen.
Ces pièces ne font partie des journées de nō qu'à l'occasion de la nouvelle année ou de représentations spéciales. Elles sont alors toujours données au début du programme.
Nō de dieux
Appelées aussi waki nō (nō d'après, après l’Okina), elles ont une divinité comme personnage principal. Typiquement, le premier acte narre la rencontre d'un prêtre avec un autre personnage sur un lieu célèbre ou en route vers un tel lieu. À la fin de l'acte, l'autre personnage se révèle une divinité. Celle-ci, ou une divinité liée, revient à l'acte II pour exécuter une danse et bénir l'assistance, un temple ou les récoltes.
Exemples de pièces : Le Vieux Pin, Les Deux Pins, Po Chu-i, L'Arc du temple d'Hachiman, La Déesse des cerisiers, La Reine-mère de l'Ouest, Kamo, Le Dieux du temple de Shirahige, L'Île aux bambous de la déesse Benten, etc.
Nō de guerriers
En japonais shura-nō, ces pièces sont centrées autour de l'esprit de guerriers morts, et tombés en enfer après leur mort. Ils reviennent alors pour raconter la vie dans lashura (enfer de la guerre), ou leur dernière bataille.
Exemples de pièces : Le Général Tamura-maru, Yoshitsune à Yashima, Le Carquois de Kagetsue, Le Guerrier Michimori, La Noyade de Kyotsune, Le Vieux Sanemori, Minamoto no Yorimasa, Dame Tomoe.
Nō de femmes
Appelées « nō de femmes » ou « nō à perruque » (kazura-nō), ces pièces tournent autour de l'esprit de femmes belles, de jeunes nobles, voire de plantes ou de déesse. Le moment essentiel de ces pièces est une danse gracieuse.
Nō de femmes folles
Cette catégorie est assez mal définie, car elle regroupe les pièces n'appartenant pas aux autres groupes. Elles dépeignent en général un personnage tombant dans la folie, soit par jalousie, soit suite à la mort d'un être cher.
Nō de démons
Aussi appelées « nō de la fin » (kiri nō), ces pièces comprennent un personnage surnaturel, démon, roi-dragon, gobelin ou autre esprit de ce type, quoique le personnage central de certaines soit simplement un jeune noble. Ces pièces ont un rythme plus rapide, soutenu par l'utilisation du tambour à baguettes (taiko). Une danse rythmée constitue leur point culminant, qui est également celui de la journée de nō.
Le Nō aujourd'hui
Il y a environ 1500 acteurs professionnels de nō au Japon aujourd'hui, et cette forme d'art recommence à prospérer. Contrairement au kabuki qui est toujours resté très populaire, le nō s'est peu à peu tourné principalement vers une certaine élite intellectuelle. Les cinq familles de nō sont les écoles Kanze (観 世), Hosho (宝生), Komparu (金春), Kita (喜多), et Kongo (金剛). Les familles de kyogen étant à part.
Il se base aussi sur l'idée du kata, tout comme le kabuki.
Influence sur le théâtre occidental
L'ouverture du Japon, à la fin du , suscite l'intérêt de plusieurs artistes occidentaux. En 1921, le poète Paul Claudel est nommé ambassadeur de France au Japon, ce qui le marque le plus dans la structure dramatique du Nō est sa musicalité. Il expose cette idée dans certains de ses textes critiques comme Le Nō et Le drame et la musique. L'influence que le théâtre nō a pu avoir sur la dramaturgie-même de Claudel est surtout formelle. À la même époque en Irlande, Yeats, prix Nobel de littérature en 1923, est initié au nō et en imprègne tout son théâtre. Stanislavski ou Meyerhold se penchent également sur la dramaturgie japonaise, et font quelques expériences de mise en scène orientalisantes, mais s'inspirant plutôt du kabuki pour son aspect plus coloré et exotiquement spectaculaire. Bertold Brecht, après s'être passionné pour le théâtre chinois, adapte en 1930 un nō : Taniko, sous le titre Der Ja-sager (celui qui dit oui).
Plus récemment, les Nō modernes de Yukio Mishima, grâce à la traduction française de Marguerite Yourcenar, ont fait connaître au grand public francophone quelques éléments essentiels du nō, tels que les « fantômes vivants » ou les métamorphoses animalières. Les pièces de Mishima sont très fréquemment mises en scène également par les jeunes compagnies, et beaucoup dans le Off du Festival d'Avignon jusque dans les années 2000.
Actuellement en Suisse, le metteur en scène Armen Godel, passionné de nō et traducteur du japonais, monte notamment des œuvres de Racine, Corneille, ou bien sûr Mishima, les imprégnant du yūgen (mot typique du nō que René Sieffert traduit par charme subtil) et en France, depuis les années 1980, le metteur en scène et directeur de théâtre Junji Fuseya initie des artistes occidentaux à sa technique adaptée de sa propre formation traditionnelle de nō et kyogen. Il faut noter encore l'inspiration que certainement Peter Brook a trouvé chez Yoshi Oida, avec lequel il a travaillé de nombreuses années.
Voir aussi
Articles connexes
- Kyogen
- Kabuki
- Bunraku
Liens externes
- [http://www.unspecial.org/uns612/uns_612_T14.html Une page sur les premières pièces de nō]
- [http://www2.ntj.jac.go.jp/unesco/noh/en/index.html Site du National Theater of Japan]
Bibliographie
- Armen Godel, Le Maître de Nô, Albin Michel, coll. Esprit Libre, 2004, 208 p. (ISBN 2-22615-184-2) ;
- Zeami, La tradition secrete du Nô suivi de une journee de Nô, Gallimard, 1985 (ISBN 2-07070-531-5) ;
- Mishima Yukio (三島由紀夫), Cinq Nô modernes, trad. Marguerite Yourcenar et Jun Shiragi, Gallimard, 1956 (ISBN 2-07070-019-4).
No
ja:能
ko:노 (연극)
simple:Noh
Arts du spectacleCatégorie:Arts du spectacle
Les arts du spectacle regroupent un grand nombre de disciplines donc l'objectif est la représentation devant un public.
Il s'agit de pratiques issues du théâtre, de la danse, du cabaret, du cirque ou encore du spectacle de rue.
- théâtre
- danse
- chant
- cirque
- chanson
- mime
- sketch
- spoken word
- marionnettes et théâtre d'ombre
- match d'improvisation
- clown
- prestidigitation
- pyrotechnie
- jonglerie
Jonglerie
La jonglerie (souvent appelée jonglage dans le langage courant, le terme jongle peut également apparaître) est une activité que certains voient comme un sport, d'autres comme un art.
Dans son sens le plus strict, il consiste à lancer, rattraper et relancer des objets en continu. En général, plus le nombre d'objets est grand, plus il faut d'adresse et d'entraînement pour réussir. Cependant, on en donne souvent une définition plus large qui inclut toutes les manipulations d'un ou plusieurs objets demandant de l'entraînement et de l'adresse. L'acception que l'on donne au mot peut varier selon les pays, prenant en compte la seule manipulation d'objets ou l'ensemble du spectacle que l'artiste donne. La part artistique de la jonglerie peut en effet être importante, la chorégraphie comptant souvent autant que la performance pure.
Histoire de la jonglerie
Les bases sont connues depuis au moins 4000 ans. On a retrouvé dans d'anciennes tombes égyptiennes des peintures de jongleurs. Dans le monde entier, les hommes jonglent depuis des temps reculés : dans la Rome antique, en Chine, chez les eskimos, les aztèques et même dans les îles d'Océanie. On possède cependant peu d'informations sur eux car ils faisaient souvent partie d'une couche défavorisée de la population et étaient parfois mis à l'écart, comme en Europe au Moyen Âge.
L'entrée dans la période moderne de la jonglerie, est caractérisée par les avancées technologiques et techniques de Enrico Rastelli, à la fin du . Rastelli, jongleur dans un cirque italien fut le premier à élever sa maîtrise technique à un niveau tel que des engins spécifiques devaient être créés.
Différentes disciplines
Enrico Rastelli
La jonglerie dans son acceptation large inclut :
- les lancers de massues, balles, anneaux, et parfois d'objets moins courants (chapeaux par exemple) : voir Figures de jonglerie aux balles
- la jonglerie de contact : le jongleur manipule une ou plusieurs boules sans qu'elles quittent son corps
- le diabolo : avec deux bâtons reliés entre eux par une ficelle, le jongleur manipule une ou plusieurs bobines
- le bâton du diable ou golo: avec deux baguettes, le jongleur manipule un bâton
- les boîtes à cigares : trois boîtes en bois (et parfois plus)
- le poi, (aussi connu sous le nom de bollas) d'origine néo zélandaise : on manipule autour du corps une ou deux boules retenues par une corde
- le monocycle (pas vraiment de la jonglerie, mais apparenté et allant souvent de pair)
Modélisation mathématique
La technique étant relativement automatique, il est possible de modéliser mathématiquement les figures possibles selon le nombre de balles utilisées. Cela s'appelle le siteswap.
Rencontres inter-jongleurs
Tous les ans a lieu la Convention européenne de Jonglerie qui réunit des jongleurs de toutes nationalités pour apprendre et échanger leur savoir. La Convention dure une semaine. En 2005, elle s'est tenue à Ptuj en Slovénie.
Anecdotes
- L'art de la jonglerie occupe une part importante dans le roman Le château de Lord Valentin (Lord Valentine's castle, 1980) de Robert Silverberg.
Liens externes
- http://asso.maraboule.free.fr
- http://elegall.phpnet.org/jonglage/
- http://www.jongle.net
- [http://www.jugglingdb.com?lang=fr l'Internet Juggling Database]
- [http://mogador.club.fr/jongle/accueil.htm 1001 figures de jonglerie]
- http://www.twodiabs.fr.st
-
ja:ジャグリング
Prestidigitation ko:마술 (기술) ja:奇術
Catégorie:Arts du spectacle Catégorie:Cirque
La prestidigitation, quel drôle de nom ! Littéralement la rapidité des doigts, et pourtant tout bon magicien sait que la rapidité n'est pas le plus important, au contraire.
Mais le mot est dit : magicien, car la prestidigitation relève de la magie. L'art de l'enchantement, ou comment matérialiser le rêve, le combiner avec l'impossible, défier la réalité et plonger le spectateur attentif dans ses rêves d'enfants.
Histoire
De la préhistoire à nos jours elle a toujours existée. Avant d'être un divertissement elle a servi à matérialiser le divin et s'est assimilée à la magie blanche et noire, elle a profité aux sorciers mais les a aussi desservis dans les bûchers de l'inquisition. Aujourd'hui encore elle est utilisée à des desseins peu avouables, pour tromper le quidam à un jeu d'argent ou pour fanatiser des membres de sectes.
Mais elle est pratiquée le plus souvent pour notre bonheur par des artistes dans le cadre du monde du spectacle. Le magicien fait apparaître et disparaître diverses choses, il défie la gravité, transforme la matière, lit dans les pensées, voit dans l'avenir, crée l'illusion de faire tout cela ! Il combine l'astuce de son tour avec une mise en scène théâtrale ou musicale.
Applications
La magie, en tant qu'art du spectacle, revêt plusieurs formes en fonction du lieu où elle est pratiquée et du type d'illusion déployée.
Le lieu : magie de scène, magie de rue, magie de salon et magie rapprochée (Close-up)
Les disciplines : la grande illusion, l'escapologie, le mentalisme, la cartomagie, la micro-magie, le pickpocketisme et tant d'autres.
Mais tout cela n'a qu'un but : divertir.
Magiciens célèbres
- M. Comte (ventriloque)
- David Copperfield
- Garcimore
- Robert Houdin
- Harry Houdini
- Gérard Majax
- Georges Méliès
- Leon Mandrake
- Mandrake le magicien
- Siegfried et Roy
Magiciens
- Guilhem Julia
- Patrick Reymond [http://www.magicien.info Magicien]
- Prof.wonderfool [http://prof.wonderfool.free.fr/]
- Académie des magiciens du Québec [http://www.magiciens.info Magiciens]
- Hjalmar [http://www.hjalmar-fr.com]
- Bébel [http://www.magicbebel.com]
- [http://www.instantmagique.net Benoît]
Lire
- SHAH, Tahir, L' Apprenti sorcier, Paris, Editions De Fallois, 2001
- HJALMAR, Devenez un As des Tours de Cartes, Paris, Editions Bornemann, 1998
- R.VENO, Cours Magica, Paris, Editions A. Mayette
Liens externes
[http://www.arcane-magazine.com Site de la revue française de magie ARCANE]
[http://www.magie-ffap.com Site de la Fédération Française des Artistes Prestidigitateurs]
Chine:Cet article concerne la civilisation chinoise. Voir les articles République Populaire de Chine et Taiwan (République de Chine) pour les États modernes correspondant au terme « Chine ». Taiwan (République de Chine)
La Chine (中国/中國 Zhōngguó, Wade-Giles: Chung-kuo, EFEO : Tchong-kouo ; litt. « Pays du Milieu ») recouvre un ensemble de pays et de cultures s'étant succédés en Asie orientale depuis 4000 ans. Aujourd'hui, la Chine peut être considérée, selon les points de vue, comme une seule civilisation ou un ensemble de civilisations diverses. De même, il peut s'agir d'une nation ou de plusieurs nations distinctes.
La Chine est la plus vieille civilisation existant encore actuellement ; son histoire s'est caractérisée par une suite de divisions et de réunifications, de guerres et de paix, sur un territoire changeant. Pendant des siècles, la Chine a également été une des civilisations les plus scientifiquement avancées, et son influence est présente encore aujourd'hui dans de nombreux pays d'Asie. C'est aujourd'hui le troisième pays du monde en superficie, et le premier pays par sa population : un humain sur cinq est chinois.(population résidente seulement)
La dernière dynastie impériale chinoise Qing a connu sa période de déclin durant la phase d'expansion coloniale des pays occidentaux, menant le pays a la ruine après les guerres de l'Opium. Ce n'est qu'après la victoire contre l'armée japonaise en 1945 que la Chine a pu se constituer comme nation.
Politiquement, deux États distincts prétendent détenir la souveraineté sur la Chine. Ce qu'il est d'usage d'appeler la « Chine continentale » est dans la pratique administrée par la République Populaire de Chine, fondée par le leader communiste Mao Zedong en 1949 à Pékin, après une victoire militaire rejetant sur l'île de Taiwan le leader nationaliste Tchang Kaï-chek et le gouvernement de la République de Chine, fondée en 1912 par Sun Yat-sen sur les décombres de l'Empire Chinois de la dynastie des Qing.
Aujourd'hui, la Chine, au sens restrictif ou large du terme, est l'objet d'une fascination pour le reste du monde ; son développement économique, engagé en 1978 par les réformes de Deng Xiaoping et ses successeurs, en font aujourd'hui un des principaux acteurs économiques et géopolitiques mondiaux.
Présentation
La Chine n'est pas « un pays » au sens nationaliste étroit du terme, la Chine est un concept d'universalité, une façon d'accomplir l'humanité, un intermédiaire entre l'homme et l'harmonie cosmique. (Simon Leys, Essais sur la Chine, p. 532)
La Chine est avant tout la très longue histoire d'un peuple, de sa très riche culture, de sa langue et de son écriture si particulière, de sa pensée qui continue aujourd'hui d'intriguer les occidentaux. Si ceux qui s'intéressent à tel ou tel aspect de la Chine, comme les arts martiaux, la calligraphie ou même la cuisine, sont de plus en plus nombreux, cet « Empire Céleste » si lointain et différent reste souvent difficile à comprendre. La « réalité chinoise » échappe à de nombreux observateurs occidentaux, aujourd'hui comme à l'époque de sa découverte par les premiers missionnaires. Dans la seconde moitié du XX siècle, les nombreuses querelles idéologiques autour du maoïsme et de la Révolution culturelle n'ont pas contribué à éclaircir les débats. Aujourd'hui la Chine est dans une période d'ouverture et de développement économique accéléré. Même si de nombreux problèmes restent à résoudre, il semble que les réformes en cours aient permis au peuple chinois de déployer son industrie et que sa puissance soit désormais comparable à celle des grands pays occidentaux. Elle est aujourd'hui souvent qualifiée d'« usine du monde » et des études ont montré que le panier de la ménagère française, dans sa partie non alimentaire, contenait pour moitié des produits fabriqués en Chine.
Géographiquement, la Chine a progressivement atteint depuis la dynastie fondatrice des Qin en 221 av. J.-C. les proportions d'un continent. Son histoire est rythmée par des mouvements d'unifications suivis de désintégration, les longues périodes de stabilité correspondant aux grandes dynasties étant entrecoupées et reliées par des périodes de division et de chaos. C'est cependant la continuité de sa culture et sa relative unité politique qui font dire aujourd'hui que ce serait la plus vieille civilisation vivante du monde. Une de ses caractéristiques fondatrices est probablement le culte de la chose écrite, qu'on peut faire remonter aux pratiques oraculaires de la scapulomancie et au Livre des Mutations, et qui irrigue toute l'activité intellectuelle. Sur la pensée de Confucius, Maître éducateur, et sur celle de ses disciples Mencius et Xunzi, le confucianisme a été fondé, puis utilisé comme doctrine d'État par la plupart des empereurs qui se sont succédé sur le trône. D'autres courants de pensée et d'autres personnages ont contribué à informer la culture chinoise, ainsi Lao-tseu et le taoïsme, le bouddhisme, le néo-confucianisme et jusqu'au marxisme plus récemment. Les importants apports extérieurs du bouddhisme ou du marxisme montrent que, contrairement à une idée reçue, la Chine ne s'est isolée du reste du monde que pendant une courte partie de son histoire.
La culture chinoise est toutefois marquée par une profonde originalité qui la rend à la fois attirante et difficile d'accès. Souvent obscure et incomprise, difficile à interpréter et à analyser, elle fait encore trop souvent office de miroir des craintes ou des espoirs fantasmatique des occidentaux. Pourtant, l'« expérience humaine » chinoise, qui s'est confrontée aux mêmes problèmes que les autres, est d'une ampleur et d'une richesse telles qu'on ne peut pas la tenir pour quantité négligeable. Pour paraphraser Simon Leys, cité en exergue, la Chine est une autre façon d'accomplir la même chose : l'humanité.
Noms
Les chinois ont utilisé plusieurs noms pour désigner leur pays.
Le plus courant aujourd'hui est 中国 (Zhōngguó, prononcé /tʂuŋkwo/). 中 (Zhōng) désigne le centre, l'axe, le milieu, intermédiaire, et représente une ligne traversant un carré en son milieu. 国 (Guó) désigne le pays, la nation, et représente le jade (c'est-à-dire la richesse) entouré de frontières. Le caractère Guó en graphie traditionnelle 國 représente un territoire 口 défendu par un mur 一 et des armes 戈. Ce terme a eu à l'origine un nombre de sens plus restreints, et s'est élargi ultérieurement pour désigner l'ensemble du territoire chinois.
Wang Er-min (王爾敏), historien de l'Academia sinica, a recensé les sens de l'expression dans les textes pré-impériaux ; il en a identifié cinq, les trois plus fréquents étant, par ordre décroissant :
région occupée par les Hua ou les Xia (ou Huaxia), premier peuple chinois selon la tradition ; territoire délimité ; ville principale, cité.
Les deux autres sont : pays situés au centre et pays égaux entre eux, désignant essentiellement les principaux pays de l'époque des Royaumes combattants.
Néanmoins, Zhongguo n'entra jamais dans l'appellation officielle de l'entité politique gouvernant le territoire chinois. On employait autrefois le nom de la dynastie, celui des Qin (秦) ayant donné le mot Chine et le préfixe Sino- après être passé à travers de nombreuses langues le long de la route de la soie pour atteindre finalement l'Europe. Les fondateurs du royaume chinois de Liao, ainsi que Diego Barbosa (1516) et Garcia da Orta (1563) mentionnent le mot Chine.
Lorsqu'ils envisagèrent l'établissement d'une république, Sun Yat-sen et ses compagnons ne voulurent pas reprendre le terme Zhongguo, pourtant courant, car il était employé par les puissances impérialistes occidentales ; il voulaient encore moins de Shina (支那), terme réducteur utilisé par les Japonais durant les guerres sino-japonaises, imprégné de colonialisme, qu'on retrouve dans la transcription chinoise de Indochine (印度支那).
Ils choisirent de combiner zhong avec hua (華chin.trad. 华 chin.simpl.). Le sinogramme hua, qui peut aussi se lire comme "magnifique", est un des éléments de Huaxia (華夏), terme qui désigne dans les écrits des Royaumes combattants les premiers Chinois, "les tribus de Huang di et de Yan Di". Qian Mu (錢穆), historien, considère qu'il s'agit du nom de leur territoire, Hua étant une montagne du Henan, Xia l'ancien nom de la rivière Han (漢水). D'autres historiens pensent que l'ethnie Xia, qui aurait donné son nom à la première dynastie de l'histoire chinoise, était qualifiée de hua, dont un des sens est "peint", du fait que ses membres se tatouaient.
Le terme Zhonghua fut mentionné pour la première fois en 1894 par Sun Yat-sen à Hawaï dans un discours. Il est inclus dans les appellations de la République de Chine et de la République populaire de Chine.
Dans les œuvres anciennes de la philosophie et de la littérature chinoise, on trouve souvent la métaphore 天下, tiānxià, qui veut dire sous le ciel et désigne aussi la Chine. Selon Marcel Granet, ce mot est chargé de la connotation suivante : le ciel étant rond et la terre carrée dans la cosmogonie chinoise, les quatre coins de la terre qui ne sont pas couverts par le ciel (ni donc circonscrits par les cycles du soleil et les pérégrinations de l'empereur) sont conçus comme des territoires incultes peuplés d'êtres non civilisés. 天下 désigne donc la partie civilisée de la terre.
Zhongguo et Tianxia sont parfois traduits en Empire du Milieu et Céleste Empire dans les ouvrages littéraires occidentaux anciens.
Marco Polo avait donné deux noms à la Chine : la Chine du Nord est appelée Cathay (nom qui vient de Kithan) alors que la Chine du Sud est désignée sous le nom de Manzi ou Manji. "Kithan" est à l'origine du nom en russe de la Chine : Китай. La Chine a également été identifiée à la "Sérica", lieu d'origine de la soie selon les Romains.
Aujourd'hui, le mot "Chine" fait généralement référence a Chine continentale (中國大陸,zhōngguó dàlù en mandarin), ou parfois à la République Populaire de Chine, Hong-Kong et Macao inclus, plus rarement encore a la RPC et Taiwan, qui correspond alors à la zone économique de la "Grande Chine" (大中華地區).
La traduction la plus courante de "Chinois" est Zhongguoren (中國人), "personne de Chine". Néanmoins, on lui préfère souvent Huaren (華人) pour les Chinois d'Outre-mer, terme qui a remplacé Tangren (唐人), "personne de la dynastie Tang", que s'étaient donné les immigrants chinois d'Asie et d'Amérique (pourtant arrivés sous les Ming), du fait du prestige de cette dynastie. Hanren (漢人), "personne de la dynastie Han" distingue les Chinois proprement dit des autres nationalités de Chine.
Histoire
Voir les articles détaillés : Histoire de la Chine, Histoire de la République populaire de Chine et Chronologie de la Chine
"合久必分,分久必合" : "[La Chine] unie se désagrégera ; dispersée, se recomposera"
(Histoire des Trois Royaumes)
La Chine est un foyer majeur de civilisation. Elle est devenue dès la fondation de l'empire par la dynastie des Qin une vaste zone relativement unifiée politiquement et linguistiquement, avec une culture avancée, devançant le reste du monde dans de nombreux domaines tels que les arts, la médecine et les techniques.
Durant deux millénaires, la Chine a subi l'influence alternée de forces centrifuges et centripètes. Lorsque le pouvoir central de l'empereur se délitait et que la cour était la proie des factions rivales et des intrigues, que l'administration ne pouvait plus remédier aux famines et aux catastrophes naturelles et qu'elle ne parvenait plus à contenir la pression des « barbares » qui opéraient de vastes razzias dans les régions frontalières, des mouvements de révolte de paysans affamés déchiraient le pays, des sectes millénaristes voyaient le jour, et les provinces lointaines se retrouvaient sous la coupe de chefs de guerre ne reconnaissant plus l'autorité de l'empereur. Enfin, ceux-ci se proclamaient eux-mêmes Fils du Ciel, divisant l'empire en royaumes rivaux se livrant à des guerres incessantes et montrant ainsi que l'empereur avait perdu le Mandat du Ciel. Quand un chef de guerre, parfois issu de la paysannerie comme Zhu Yuanzhang, le fondateur des Ming, se révélait plus habile que les autres et parvenait à reprendre le contrôle de l'intégralité du pays, on considérait qu'il avait reçu un nouveau Mandat du Ciel et qu'il pouvait fonder une nouvelle dynastie. En près de deux millénaires, plusieurs royaumes furent fondés sur le territoire chinois par des ethnies non-Han ou mixtes, et deux grandes dynasties sont d'origine étrangère : celle des Yuan, mongole, et celle des Qing, mandchoue.
Sous les Han, les Tang, les Song, les Ming et les Qing (dynastie mandchoue) le pays connut de longues périodes de paix. A l'exception des Qing, ces dynasties correspondent à des périodes de prospérité pendant lesquelles on peut considérer que la Chine était le plus grand, le plus stable et le plus riche État du monde.
Même pendant les périodes d'unité, la culture chinoise a toujours consisté en un tissu très composite, et la variété des cuisines, des dialectes, des habitudes et des modes de vie ne doit pas être éclipsée par l'étonnante unité culturelle, administrative et politique de ce pays à l'échelle d'un continent. Cette unité et continuité ne sont pas sans rapport avec l'emploi d'une écriture relativement détachée de la phonétique, qui permet de noter de la même façon des langues et des dialectes très différents.
L'essor de la Chine moderne
écriture
Lors de la Révolution Industrielle initiée en Angleterre, la Chine des Qing se ferma aux influences étrangères : cela a sans doute contribué, dans un contexte d'internationalisation des échanges et de colonialisme, à son déclin économique et technologique. Suite aux guerres de l'opium (1839-1842), les Traités inégaux forcèrent l'empire Qing à diviser son territoire en zones d'influence attribuées aux Huit armées étrangères alliées, ouvertes sans conditions au commerce étranger : l'Allemagne, par exemple, occupait le Shandong, la France le Yunnan. L'économie du pays, axée sur le commerce de l'opium, fut ruinée, son autonomie politique abolie de facto.
En 1851 commença la rébellion des Taiping, alimentée par les croyances des sociétés secrètes de Chine méridionale, et prônant un mouvement de réformes radicales. Mal organisée, l'armée des Taiping fut défaite en 1864, avec l'appui des troupes franco-britanniques.
Lors de la première guerre sino-japonaise (1894 -1895), le Japon vainquit les troupes impériales, et obtint l'île de Taiwan et les îles Penghu a travers le traité de Shimonoseki. En 1898, la Grande-Bretagne obtint une concession de 99 ans sur les Nouveaux Territoires (y compris New Kowloon et Lantau). La Grande-Bretagne, la Russie, le Japon, la France, l'Allemagne et la Belgique tirèrent parti de l'état de déréliction croissante du pays pour élargir chacun sa sphère d'influence.
Sous la pression d’intellectuels et hommes politiques progressistes, la république est décidée en 1911 et proclamée en 1912 par Sun Yat-sen ; le dernier empereur, Pu Yi, abdique. Yuan Shi-kai, devenu président, proclame le rétablissement de la monarchie en 1915. Sa mort, en 1916, contribue au chaos économique et politique du pays : la conférence de Paris, en 1919, attribue le Shandong, revendiqué par l’Allemagne récemment défaite, au Japon. Le mouvement du 4 mai 1919 éclate en signe de protestation.
En 1921, le Parti communiste chinois est créé à Shanghai. Entre-temps, Sun Yat-sen a multiplié les contacts et demandes d’assistance auprès de la jeune Union soviétique. En 1923, il fonde à Canton l’académie de Huangpu, et forme son successeur, Chang Kai-chek. A la mort de Sun Yat-sen en 1925, celui-ci mène avec succès l’Expédition du Nord, reprenant aux seigneurs de guerre la moitié Nord du pays. En avril 1927, il proclame l’établissement de la capitale à Nankin, instaurant la période dite de la République de Nankin. La capitale communiste, Wuhan, est reprise en 1928 par l'armée du Guomindang : le parti a le contrôle nominal de l’ensemble du pays, et obtient une reconnaissance internationale.
Fin 1931, Mao Zedong proclame la République soviétique chinoise du Jiangxi. Fin 1934, il entame la Longue Marche (12 500 kilomètres), parvenant à rallier au fur et à mesure environ 100 000 hommes. Fin 1935, il se fixe avec eux à Yan'an. En 1932, le royaume fantoche de Manchukuo dont Pu Yi était le souverain nominal avait été établi par les Japonais en Mandchourie, réduisant considérablement le support industriel du Guomindang. La deuxième guerre sino-japonaise se préparait. Menacé par l’occupation japonaise et les mutineries de ses troupes, le parti nationaliste s’allia aux communistes contre l'envahisseur. Exacerbée par le massacre de Nankin en 1937, la lutte anti-japonaise fortifia cette alliance jusqu’en 1940, où des conflits entre communistes et nationalistes reprirent épisodiquement.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis accordèrent une aide financière massive au Guomindang dans le cadre de l’effort de guerre anti-japonais ; les traités inégaux furent abolis par les Américains et les Britanniques en 1943. En février 1945, la conférence de Yalta autorisa l’Union soviétique, avec l’accord tacite du Parti communiste chinois, à chasser l’armée japonaise de Mandchourie.
En 1947, l’aide américaine, s’avérant inefficace, pris fin. En 1948, les troupes du Guomindang étaient démoralisées, épuisées par la guerre anti-japonaise et la corruption du parti nationaliste. Après son installation à Yan’an, Mao Zedong avait entrepris d'appliquer les principes marxistes-leninistes à la gestion des territoires qu'il occupait, menant une guerilla paysanne et ralliant les masses rurales. En janvier 1949, son mouvement avait rallié la majorité du pays et Pékin fut prise sans combat par l’Armée populaire de libération ; elle redevint capitale de la Chine sous l'appellation internationale de Beijing. Entre avril et novembre, la plupart des autres villes tombèrent sans grande résistance aux mains des communistes.
Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclamait la République Populaire de Chine à Pékin. En décembre, Chang Kai-chek proclamait Taipei capitale provisoire de la République de Chine.
Territoire
Pour les régions administratives de la République Populaire de Chine, voir l'article Provinces de Chine
Aperçu historique
Les dynasties Shang et particulièrement Zhou, premières entités géopolitiques à l'origine du futur empire chinois fondé par Qin Shi Huangdi, étaient situées dans la région du Fleuve Jaune. Depuis, le territoire s'est étendu dans toutes les directions, avec des périodes de rétrécissement ou de divisions, atteignant son apogée durant les dynasties Tang, Yuan et Qing. La Chine des Qing incluait des territoires situés actuellement en Extrême-Orient russe, en Asie Centrale et en Mongolie.
L'empereur de Chine se considérait en général comme le suzerain des régions environnantes. Beaucoup d'ethnies dites "barbares" étaient soumises au tribut. Les ambassades et cadeaux envoyés par les souverains étrangers étaient parfois également interprétés comme des signes d'allégeance.
L'importance territoriale de la Grande Muraille de Chine a été réduite avec l'accession au pouvoir de la dynastie Qing, qui inclut la Mandchourie, située au nord de la muraille, dans son territoire.
En 1683, avec la reddition du bref Royaume de Tungning établi par Koxinga à Taïwan où l'implantation Han venait de débuter, l'île devint une partie de l'empire Qing, l'archipel des Pescadores inclu. Siège de une, puis deux préfectures provinciales, Taïwan fut cédé au Japon après la première guerre sino-japonaise en 1895. En 1945, à la fin de la seconde guerre sino-japonaise, le Japon abandonna ses prétentions sur l'île par le Traité de Paix de San Francisco, et la République de Chine en prit le contrôle, avant de s'y installer en 1949 après la prise du pouvoir par le PCC. Depuis, la souveraineté du territoire est l'objet d'un conflit non résolu entre la RPC et la RC. La montée du mouvement indépendantiste taïwanais, qui ne conteste pas seulement l'autorité de la RPC, mais le principe même du rattachement de Taïwan à la Chine, rend le problème encore plus complexe.
Voir aussi : Taiwan, Tibet
Divisions politiques historiques
Le découpage administratif de la Chine a varié au gré des changements d'administrations. Le premier niveau de division était les provinces, puis les préfectures, sous-préfectures, départements, commanderies, districts et enfin cantons. Les divisions les plus récentes ont ajouté le statut de ville-préfecture, ville-canton, villes et zones urbaines.
Historiquement, la plupart des dynasties chinoises ont pris leur essor dans le coeur de la Chine, a partir d'un des deux fleuves principaux, le Fleuve Jaune et le Yang-Tsé. Plusieurs dynasties ont eu des volontés expansionistes, s'engageant dans des régions telles que la Mongolie Intérieure, la Mandchourie, le Xinjiang, et le Tibet. La dynastie mandchoue des Qing et ses successeurs, la République de Chine et la République Populaire de Chine, ont cimenté les incorporations de ces territoires. Ces territoires étaient délimitées par des "limbes" plutot que des frontieres rigides, bien connues alors dans les pays industrialisés. Ce probleme de délimitation a donné lieu a une série de critiques sur l'intégration de certains territoires en RPC, notamment celle du Tibet et du Xinjiang (qui signifie "nouvelles frontieres en chinois").
Géographie et climat
Tibet
Voir les articles détaillés : Géographie de la Chine et Villes de Chine
La Chine comprend une immense variété de paysages, avec des plateaux et des montagnes a l'ouest, et des plaines a l'est. Ainsi, les fleuves principaux coulent d'ouest en est, dont le Yang-Tsé (Chang Jiang, ou "long fleuve"), le Fleuve Jaune (centre-est), l'Amour (nord-est) ; certains coulent vers le sud (Riviere des Perles, Mékong, Brahmapoutre...). La plupart de ces fleuves se jettent dans la Mer de Chine.
La plupart des terres arables chinoises se situent autour des deux fleuves principaux, le Yang-Tsé et le Fleuve Jaune, qui sont aussi les foyers principaux des anciennes civilisations chinoises.
A l'est, sur le littoral de la Mer Jaune et de la partie orientale de la Mer de Chine, se trouvent de vastes plaines alluviales toujours densément peuplées ; le littoral de la partie méridionale de la Mer de Chine est plus montagneuse.
A l'ouest se trouvent de grandes plaines alluviales, avec de grands plateaux calcaires dans la région tibétaine, ou se dresse le Mont Everest. Au nord-ouest s'étendent les déserts du Takla-Makan et du Gobi, qui ont gagné en superficie, sans doute en raison de la sécheresse et de l'influence de l'agriculture.
Pendant de nombreuses dynasties, la frontiere sud-ouest de la Chine a été délimitée par les hautes montagnes et les profondes vallées du Yunnan, qui séparent la Chine moderne du Myanmar, du Laos et du Vietnam.
La Chine comporte de nombreux climats : au nord, un climat sec avec de séveres hivers ; au centre, un climat plus tempéré ; au sud, un climat sub-tropical.
Les formations paléozoïques de Chine sont pour la plupart marines ; les dépots du mésosoïque et du tertiaire proviennent d'estuaires et d'eaux douces, ou de terres. Des groupent volcaniques composent certaines parties des grandes plaines du nord. Dans les péninsules du Liaodong et du Shandong se trouvent des plateaux basaltiques.
Les conséquences de l'industrialisation et de la déforestation sont considérées être a l'origine des tempetes de sable en provenance du désert de Gobi qui frappent la capitale, et de l'augmentations des violents typhons qui frappent le sud du pays.
Économie
La Chine est actuellement (octobre 2005) l'une, sinon la plus, dynamique économie du monde, avec une croissance de 9% sur l'ensemble de l'année 2004 (cependant, ce chiffre est à prendre avec prudence, car de gros doutes subsistent sur la véracité des documents officiels, qui pourrait selon certains économistes, être minimisés). Toujours pour l'année 2004, le Produit intérieur brut (PIB) était d'environ 1 228 milliards d'euros.
L'atelier du monde
La Chine est surnomée l'atelier du monde, car de nombreuses entreprises sous-traitent la fabrication de produits manufacturés et ainsi réduisent énormément les coûts. Certains de ces sous-traitants exploitent littéralement leurs ouvriers. En août 2005, un film montrant les conditions de travail dans deux usines fabriquant des livres pour Walt Disney a été montré à la presse américaine. On peut y voir des ouvriers faisant des heures supplémentaires sans être payés et certains d'entre eux sont blessés aux mains car les presses d'imprimeries sont mal protégées.
Bien que la population soit baillonée et la critique contre le pouvoir rapidement étouffée, de nombreuses grèves ont pourtant lieu. L'organisation non gouvernementale (ONG) China Labour Watch en a dénombrée 57 000 en 2004, impliquant 3 millions de personnes. Consciente du problème et du risque de déstabilisation du pouvoir, le gouvernement chinois tente de créer des syndicats, sous contrôle du Parti communiste chinois, pour établir un dialogue avec les entreprises et ainsi améliorer les conditions de travail et les salaires. Mais cela n'empêche pas le gouvernement d'emprisonner des grévistes, lorsque ceux-ci franchissent certaines limites...
Démographie
Parti communiste chinois
Voir l'article détaillé : Démographie de la Chine
:La Chine est un vaste pays, et qui est peuplé de chinois (Général de Gaulle)
C'est souvent la proportion colossale de la démographie chinoise qui nourrit le plus les craintes et les fantasmes des occidentaux. Aujourd'hui les entreprises se battent pour obtenir un accès à son marché jugé potentiellement immense, alors qu'hier on craignait le déferlement du Péril jaune. Pays à l'agriculture traditionnellement prospère, la Chine a très tôt pu développer une population rurale dense et des agglomérations importantes. Sous les Song, des villes comme Guangzhou (Canton) connaissaient une densité de population ainsi qu'une organisation administrative sans égales à l'époque.
Plus d'une centaine d'ethnies ont existé en Chine, l'ethnie Han restant toujours majoritaire quantitativement. Cette ethnie, composée d'une nébuleuse de peuples assimilés, ne résiste toutefois pas au concept d'une ethnie Han homogene, et pourrait etre elle-meme divisée en sous-catégories partageant les memes traits culturels. Beaucoup de Han ont maintenu leurs traditions ,et en particulier leur langue, en continuant de s'identifier a l'ethnie Han. Le terme "Zhonghua minzu" est utilisé comme un notion de sinité transcendant les divisions ethniques au sein de la Chine.
Le gouvernement de la RPC reconnait actuellement 56 minorites ethniques officielles, plus l'ethnie Han. Sa population est la plus grande du monde, dépassant les 1,3 milliards d'individus, soit 20% environ des 6,4 milliards d'individus vivant actuellement d'apres les estimations de l'OMS.
L'absence de contrôle des naissances sous Mao Zedong, encourageant au contraire les Chinois a procreer une armée de "petits soldats", a contribué à l'explosion démographique dont on observe les résultats aujourd'hui. A les fin des années 1970, la politique de l'enfant unique a été la réponse a cette explosion, freinant le développement démographique du pays.
Médecine
Voir l'article détaillé : Médecine chinoise
La médecine traditionnelle chinoise, constitue un des aspects les plus fascinants de la civilisation chinoise. Les approches différentes sur le traitement des pathologies (diagnostic a partir du pouls, de la complexion du visage), comprennent notamment une participation active du patient, qui est appelé a changer son alimentation si besoin est.
Les décoctions de médecine traditionnelle, prescrites a la fin d'une consultation, sont destinées a « rééquilibrer les principes vitaux », contre-balancer les mouvements de chaud et de froid, a l'instar des médecines pré-socratiques en Occident.
Un autre mode d'intervention du médecin chinois est l'acupuncture : suivant les méridiens ou lignes de flux vital parcourant le corps, des aiguilles sont plantées a travers la peau pour rétablir une circulation optimale du souffle vital ou qi. En Chine, elle est souvent combinée avec l'utilisation des médicaments traditionnels.
On peut considérer la médecine chinoise traditionnelle comme essentiellement indirecte dans ses moyens et préventive dans ses fins. Contrairement à l'habitude occidentale qui veut que l'on oublie son corps quand tout va bien et que l'on ne s'en préoccupe qu'en cas de trouble, les Chinois tendent à être constamment attentifs à leur état, à l'affut de signes de déséquilibre qu'ils chercheront à corriger par l'alimentation ou l'usage de remèdes traditionnels ou "alternatifs". Cela explique l'énorme demande en produits naturels ou diététiques, visible particulièrement dans le domaine des produits censés améliorer les performances sexuelles, qui ne constituent en fait que la partie visible de l'iceberg. Des lotions, onguents, potions et remèdes divers sont souvent ramenés comme souvenirs de voyage par les Chinois.
Religion
Voir l'article détaillé : Religions en Chine
La Chine a été un centre unique de rayonnement religieux : la plupart des grandes religions du monde l'ont traversé ou y ont pris naissance : la notion même de religion y a été interrogée à plusieurs reprises, notamment à l'égard du confucianisme ; toutefois, il ne fait aujourd'hui nul doute que l'étymologie du mot (religion comme "lien") y soit plus que vérifiée à travers l'interprétation, la transfiguration ou l'acclimatation que la Chine lui a proposée au cours de plusieurs millénaires.
Le Yi Jing
De nombreux traits religieux spécifiquement chinois ont été canonisés à travers le Yi Jing, ou Classique des Mutations chinois. Issu de la scapulomancie ou interprétation de signes d'origine naturelle, cet ouvrage a engendré des générations de traditions interprétatives. Le règne des éléments complémentaires, yin et yang, y sont déclinés à travers ses chapitres, de nature hermétique. Intrinsèquement lié aux rituels divinatoires, c'est un manuel d'interprétation chamanique, où les vertus métaphysiques des caractères chinois trouvent leur naissance académique.
Le taoïsme
Religions en Chine
Le taoïsme, ou plutôt les écoles et courants taoïstes, sont apparus à partir du IIe siècle, inspirés par les courants du Yin-Yang et des Cinq éléments, ainsi que par les écrits du philosophe Lǎo Zi (ou Lao-tseu) (老子), dont le fameux Livre de la Voie et de la Vertu, (en chinois 道德經 Dàodé Jīng), est, avec le Livre des Mutations (易經 Yì Jīng), aux sources de l'ésotérisme chinois. Ils se sont constamment enrichis de nouvelles influences et ont fourni à l'ensemble de la religion chinoise beaucoup de ses concepts et pratiques ainsi qu'un certain nombre de divinités. Les maîtres taoïstes prennent en charge beaucoup de rites spécialisés. Il y aurait aujourd'hui plus de 1 500 temples taoïstes en Chine.
"Taoïsme" désigne souvent un ensemble syncrétique de pratiques religieuses et rituelles, plus répandu aujourd'hui en Chine méridionale, où la géomancie, les formules incantatoires écrites, le culte du terroir se croisent. Proche d'un type de compréhension magique du monde, cette religion est très active aujourd'hui à Hong-Kong et Canton, et parmi les communautés cantonaises d'outre-mer.
Néanmoins, l'usage du terme "taoïste" par un Chinois n'a pas le même sens selon qu'il s'adresse à un étranger ou à un compatriote. Vis à vis des non-chinois, le terme désigne n'importe quel pratiquant d'une forme de la religion populaire très imprégnée de taoïsme, alors que seul un maître taoïste ou une personne recevant l'enseignement ésotérique d'un maître s'identifieront comme taoïstes face à un Chinois. La notion de simple fidèle taoïste n'existe donc pas selon la conception traditionnelle, mais en Chine populaire, où la religion chinoise se redéveloppe par décision d'État exclusivement dans le cadre d'écoles taoïstes, tous ses pratiquants sont appelés taoïstes.
Le confucianisme
Fondé sur l'enseignement de la vie de Confucius, notamment à travers ses Entretiens et les ouvrages de ses disciples tels que Mencius, le confucianisme a été érigé en doctrine d'État, trouvant son paroxysme sous la dynastie Song. Naturellement voué aux interprétations des dynasties régnantes, la doctrine originelle de Confucius n'est toutefois pas nécessairement synonyme de soumission aux institutions, comme certains contemporains l'observent. Historiquement, le confucianisme a toutefois contribué à imposer l'idéologie des "cinq relations" entre sujets, destinée à affermir l'ordre social et le lien cosmique entre position hiérarchique et vertu céleste.
Le bouddhisme
Apparu dès le premier siècle après Jésus-Christ, le bouddhisme a profondément marqué les croyances religieuses en Chine, engendrant parfois de violentes vagues de répression anti-bouddhiques. La Chine a constitué un des centres majeurs de civilisation bouddhique au monde, par son œuvre de traduction et d'expansion de la religion à travers de nombreuses régions d'Asie. Le Japon et la Corée en particulier ont largement bénéficié de la richesse de transmission des traditions bouddhiques en Chine.
Le bouddhisme chinois appartient en majorité au courant mahâyâna. L'une de ses formes, le bouddhisme tibétain (ou lamaïsme), répandu surtout au Tibet et en Mongolie intérieure, recrute de plus en plus d'adeptes parmi les Hans depuis quelques décennies. Le bouddhisme du Petit Véhicule est également présent, mais nettement minoritaire. On estime qu'il y a environ 13 000 temples bouddhistes en Chine.
L'Islam
À partir VIIe siècle, l'Islam a constitué un autre vecteur d'échanges culturel particulièrement riche en Chine, notamment au travers de la route de la soie, où des cultures pluri-culturelles ont émergé par exemple dans la région du Tarim, encore vivantes aujourd'hui. Le Yunnan a également été un de ces points d'échanges sino-islamiques : le célèbre navigateur Zheng He était un musulman originaire du Yunnan. Les membres de l'ethnie Hui, en tout point semblables culturellement aux Han actuels en-dehors de leur religion, sont issus de Hans convertis ayant absorbé des musulmans non-chinois.
L'Islam a connu sa plus forte expansion sous la dynastie des Yuan (元) (1271-1368). On compte aujourd'hui près de 30 000 mosquées dans le pays.
Le christianisme
Les premières traces de la culture chrétienne en Chine remontent à des stèles nestoriennes du VIIème siècle. Puis vinrent au XIII siècle des Franciscains, dont l'activité missionaire fut interrompue un siècle plus tard sur ordre de l'empereur. C'est à partir des missionaires jésuites, tout d'abord portugais, que des contacts réguliers ont été entrenus entre les mondes chinois et occidental, la Chine restant relativement imperméable aux vélléités expansionsites chrétiennes. En 1601 Matteo Ricci et ses compagnons furent admis à Pékin, mais les missions furent closes en 1773 sur ordre papal. Le protestantisme a été introduit à partir des guerres de l'opium à travers des missionaires britanniques. Il y a à présent plus de 4 600 églises et sites de réunion catholiques et 12 000 temples et plus de 25 000 lieux de culte protestants. L'Église orthodoxe est présente pour répondre aux besoins des Chinois d'origine russe, installés dans les confins Nord et Ouest du pays, mais reste très marginale.
Autres religions
La religion traditionnelle chinoise, ensemble des croyances et pratiques religieuses de la majorité des Chinois avant 1949 ; les différentes écoles taoïstes, qui constituent son pôle spéculatif et spécialisé, en sont nées et l'ont enrichie de nombreux concepts, rites et divinités. Le taoïsme et le bouddhisme populaires sont des formes de cet ensemble syncrétiste qui ne bénéficie d'aucune reconnaissance officielle car il n'est globalement représenté par aucun organisme ou association. Populaire et sans canon propre, le gouvernement de la RPC n'a pas jugé bon de la "ressuciter" comme il l'a fait pour les religions disposant d'un corpus de textes pouvant faire l'objet d'un enseignement universitaire, lors de la relative libéralisation religieuse des années 70. Quelques pratiques ont néanmoins revu le jour, avec la reprise par exemple des pélerinages au temple de Mazu dans la province du Fujian, qui attirent des pèlerins venus de Taïwan, où la religion traditionnelle est encore très vivante.
Malgré la méfiance du PCC vis à vis des organisations ou mouvements civils de grande envergure, une nouvelle religion syncrétiste, Falun gong, a émergé en 1992. D'après le ministère de la Sécurité publique (1998),elle compterait 80 millions de sympathisants.
Le chamanisme est pratiqué principalement par les minorités chinoises ; le Dongba est une sorte de paganisme lamaïsé, survivance d'une ancienne religion pratiquée par les Naxi, une des nombreuses minorités ethniques de Chine, d'origine tibétaine, vivant dans le Yunnan.
Comme les chrétiens, les juifs ont dû parvenir en Chine pour la première fois au en suivant la route de la soie. Quatre communautés juives existent en Chine, à Harbin, Shanghai, Canton et Kaifeng ; cette dernière, découverte par Matteo Ricci au , remonterait à la dynastie Song.
Culture
Voir l'article détaillé : Culture chinoise
En tant qu'entité linguistique et culturelle relativement homogène et continue, dont la longévité surprend (et bouleverse les théories du déclin nécessaire des civilisations), la Chine a développé une culture originale et immense, qui a exploré presque tous les modes d'expressions connus : littérature, calligraphie, peinture, musique, etc.
Elle a de plus inventé un art qui n'a pas d'équivalent dans les autres cultures : la calligraphie, art considéré comme le plus noble et le plus raffiné. Son économie de moyens (un pinceau, de l'encre noire, une feuille de papier absorbant) et son cadre très contraignant (l'ordre et la disposition des traits sont déterminés) en font, paradoxalement, un art dans lequel l'expressivité est à son comble : le pinceau y tient lieu de « sismographe de l'âme ».
Article proche du thème de la culture chinoise : Art contemporain chinois ; Musique chinoise moderne ; Cuisine chinoise
Littérature
Voir l'article détaillé : Littérature chinoise
Une infime partie de la production écrite de la civilisation chinoise est accessible en langues occidentales et bien peu d'œuvres sont connues du grand public. Etant donné le contexte particulier de ce pays, sa littérature au sens large a connu des évolutions différentes de celle des autres régions du monde. L'épopée, par exemple, y est singulièrement absente. En revanche, les anecdotes, contes, faits divers, courtes biographies, ainsi que les essais, les commentaires des classiques, les traités, les compilations sont des genres foisonnants.
Parmi les livres et les auteurs chinois qui ont été traduits et lus en Occident, on peut noter : Pérégrinations vers l'Ouest, Au bord de l'eau, Le Rêve au Pavillon rouge, la poésie de Du Fu et de Li Bai, ainsi que l'auteur moderne majeur qu'est Lu Xun.
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Jours fériés et fêtes traditionnelles
|+ Jours fériés et fêtes
! Date !! Nom français !! Nom local !! Remarques
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| || Nouvel an || 元旦 yuán dàn
|Férié
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| 1 jour du 1 mois lunaire
| Fête de Printemps (Nouvel An chinois)
| 春节 Chūnjié|| Basée sur le calendrier chinois
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| 15 jour du 1 mois lunaire || Fête des lanternes
| 元宵节 Yuánxiāojié || Basée sur le calendrier chinois
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| Début avril || Qīngmíng, Lumière Pure
| 清明节 Qīngmīngjié || voir calendrier chinois.
Environ 15 jours après l'Équinoxe de printemps
Jour de visite des cimetières
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| 5 jour du 5 mois lunaire
| Fête des bateaux dragons (Fête du dragon)
| 端午节 Duānwǔjié || Basée sur le calendrier chinois
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| 7 jour du 7 mois lunaire
| Fête chinoise des amoureux
| 七巧节 Qiqiaojie ||Basée sur le calendrier chinois
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| 15 jour du 7 mois lunaire || Fête des fantômes affamés
| 中元节 Zhōngyuánjié || Basée sur le calendrier chinois
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| 15 jour du 8 mois lunaire
| Fête de la mi-automne (Fête de la lune)
| 中秋节 Zhōngqiūujié || Basée sur le calendrier chinois
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| 9 jour du 9 mois lunaire || Fête du double neuf
| 重阳节 Chóngyángjié || Basée sur le calendrier chinois
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Yoshimitsu Ashikaga
Yoshimitsu Ashikaga (足利 義満, Ashikaga Yoshimitsu) (25 septembre 1358 - 31 mai 1408) a été le troisième des shoguns Ashikaga au Japon et a régné de 1368 à 1378.
Vie
Yoshimitsu devient shogun dans l'année qui suit la mort de son père le shogun Yoshiakira Ashikaga, mort en 1367. En 1378, il fait construire sa résidence dans le quartier Muromachi de la capitale de l'époque, Kyōto, ce qui fait qu'on se réfère souvent aujourd'hui au shogunat Ashikaga et à la période résultante de l'histoire du Japon en disant «shogunat Muromachi» et «Période Muromachi».
Yoshimitsu unit les Cours du Nord et du Sud en 1392, mettant fin à la période de près de 60 ans appelée Nanboku-chō. Cela établit fermement le shogunat Muromachi et supprime le pouvoir des daimyō régionaux.
En 1394, Yoshimitsu se retire et son fils Yoshimochi devient le quatrième shogun Ashikaga. Cependant, Yoshimitsu continue de maintenir l'autorité sur le shogunat jusqu'à sa mort en 1408. Sa villa devient le Kinkaku-ji, le Temple du Pavillon d'Or.
Ashikaga, Yoshimitsu
Ashikaga, Yoshimitsu
Ashikaga, Yoshimitsu
Ashikaga, Yoshimitsu
ja:足利義満
Shogun
Le terme shogun (将軍), signifie « grand général », c'est la contraction de seiitaishougun (征夷大将軍), qui veut dire « le grand général qui triomphe des sauvages ». Néanmoins, après qu'il fut attribué à Minamoto Yoritomo, il devint un titre héréditaire de la lignée Minamoto, indiquant le dirigeant de facto du Japon (dictateur militaire), alors même que l'empereur restait le dirigeant de jure (en quelque sorte le gardien des traditions).
Seii Taishogun de la période Heian (794-1185)
Conquête des Emishis
Il s'agit originellement d'un titre donné, au début de la période Heian, aux commandants militaires de rang princier pour la durée des campagnes contre les Emishi (蝦夷, peuple indigène qui refusa de se soumettre au pouvoir impérial). Le plus fameux de ces shoguns était Sakanoue no Tamuramaro (坂上田村麻呂) qui soumit les Emishi au nom de l'empereur Kammu (桓武, 桓武天皇). Plus tard dans l'époque Heian, une fois les Emishi intégrés ou confinés sur Hokkaido (北海道), le terme Shogun ne fut plus utilisé dans ce sens.
Guerre de Gempei
Cependant, plus tard dans l'époque Heian, un shogun supplémentaire fut désigné.
Minamoto no Yoshinaka, après avoir trahi son clan et s'être rallié à l'empereur, fut proclamé par celui-ci Seii Taishogun pendant la guerre de Gempei. Mais il fut très vite éliminé par son cousin éloigné Minamoto no Yoshitsune (frère de Minamoto no Yoritomo).
(Gempei est la lecture on'yomi des 2 kanji Minamoto 源 puis Taira 平)
Seii Taishogun de la période Féodale (1185-1868)
Après la défaite du clan Taira durant la guerre de Gempei en 1185, Minamoto no Yoritomo prit le pouvoir à l'empereur et devint le dictateur et dirigeant du Japon. Il établit un système de gouvernement féodal basé à Kamakura (鎌倉), où les militaires et samourais prirent le pouvoir politique que détenait alors l'empereur et des aristocrates de sa cour à kyoto.
En 1192, Yoritomo reçut le titre de Seii Taishogun par l'empereur, et le système politique qu'il développa par la succession des différents shoguns devint connu sous le nom de bakufu (幕府) , ou shogunat. À partir de ce moment-là, tous les shoguns furent par tradition des descendants des princes Minamoto, les héritiers de l'empereur Seiwa, et le titre se transmit de génération en génération aux descendants les plus agés.
Restauration Kemmu
Pendant la restauration Kemmu (建武) , après la chute du Shogunat de Kamakura en 1333, un autre shogun surgit : Prince Moriyoshi (護良親王) (également connu sous le nom de Prince Morinaga), fils de l'empereur Go-Daigo (後醍醐, 後醍醐天皇) . Il reçut le titre de Seii Taishogun et la direction de l'armée. À cause de Ashikaga Takauji (足利尊氏) (qui sera plus tard le fondateur du shogunat Muromachi) en rébellion contre l'empereur, le prince Moriyoshi fut mis en arrestation et exécuté par Ashikaga Tadayoshi (足利直義), le frère cadet de Takauji.
En dehors de Minamoto no Yoritomo, dont le shogunat de Kamakura dura environ 150 ans, de 1192 à 1333, seuls Ashikaga Takauji et Tokugawa Ieyasu (徳川家康), tous deux descendants des princes Minamoto, reçurent le titre de Seii Taishogun et établirent leur propre gouvernement militaire bakufu. Le shogunat Ashikaga dura de 1338 à 1573, tandis que le shogunat Tokugawa recouvrit la période de 1603 à 1868.
Les « shoguns transitoires » de 1568-1598 ne reçurent en réalité jamais le titre de Seii Taishogun par l'empereur, et n'établirent pas de bakufu, mais obtinrent pendant une période donnée le contrôle de l'empereur et de la plus grande partie ou bien de l'ensemble du Japon.
Le titre de Seii Taishogun fut aboli pendant la restauration Meiji en 1868, dans laquelle le pouvoir effectif fut « restauré » à l'empereur et ses délégués (voir Taisei houkan (大政奉還)).
Quelques shogun célèbres
- Tokugawa Ieyasu
Voir aussi
- Shogun, un livre en deux tomes de James Clavell puis une série télévisée qui en est inspirée avec Richard Chamberlain dans le rôle principal.
- Shogun: Total War est un jeu vidéo de stratégie temps réel et de gestion édité par Dream Time Interactive.
- Shogun est un jeu de stratégie abstrait édité par Ravensburger et Nathan en 1979.
Catégorie:Histoire du Japon
ja:征夷大将軍
ko:쇼군
simple:Shogun
Zeami
Zeami (世阿弥, 1363 - † 1443), de son nom d'origine Kanze Motokiyo, acteur et dramaturge japonais, fut le théoricien du Nô.
Fils de Kan'ami Kiyotsugu, acteur et directeur d'une troupe près de Nara, Zeami est remarqué à l'âge de 13 ans lors d'une représentation, par le Shogun qui en fait son protégé. Pendant toute sa vie d'artiste, il s'efforça de clarifier et codifier le Sarugaku no nô, alors emprunt de danses populaires, en un art d'esthétisme et de raffinement.
Il a énoncé tous les grands principes du Nô tel qu'on le joue encore aujourd'hui, il en a défini les secrets par des conseils savants et délicats. Sous sa direction, apparaissent l'ensemble des composantes de cet art : costumes, masques, musique, gestuelle codifiée. Il composa près de 90 pièces de théâtre, parmi les plus célèbres : Hagoromo, Shunkan, Takasago. Ses traités demeurent une référence. Après avoir été transmis de pères en fils par les dynasties d'acteurs traditionnels, ils ne furent découverts par le public qu'en 1909. Fûshi kaden (La transmission de la fleur artistique) est sans doute son ouvrage le plus respecté. Il y expose la manière de faire fleurir l'interprétation d'un personnage. Dans ce livre, écrit en exil, il fait ainsi référence au concept de Yûgen (le charme subtil) comme base de son enseignement théâtral.
En 1422, à 59 ans, Zeami se détache du monde flottant pour entrer en religion. Sa succession est transmise à ses fils qui malheureusement disparaissent prématurément, puis à son gendre, Komparu Zenchiku, qui reprend ses enseignements et les fait perdurer. Aujourd'hui encore, les pièces de Zeami sont les plus jouées dans le répertoire du théâtre Nô.
Ouvrages traduits en français
- La tradition secrète du Nô incluant :
- Fûshi kaden
- Kakyo
- Shikadosho
- Nikyoku santai ezu
- Yugaku shudo kenpu sho
- Kyui shidai
- Une journée de Nô (recueil de pièces)
- L'Île d'or
- La lande des mortifications (recueil de pièces)
Catégorie:Théâtre japonais
Catégorie:Homme de théâtre
Catégorie:Acteur japonais
ja:世阿弥
simple:Zeami
Yoshimasa Ashikaga
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Yoshimasa Ashikaga (足利 義政, Ashikaga Yoshimasa) (20 janvier 1435 - 1490) a été le huitième des shoguns Ashikaga de la période Muromachi de l'histoire du Japon. Yoshimasa était le fils du sixième shogun, Yoshinori Ashikaga et frère du septième, Yoshikatsu. Il a régné de 1449 à 1473.
Six ans après la mort de son frère ainé Yoshikatsu en 1443, Yoshimasa, alors adolescent, devient Seii Taishogun.
Le règne de Yoshimasa voit la croissance de la culture Higashima, célèbre pour la cérémonie du thé, l'art japonais de l'arrangement floral (Kado ou Ikebana) le théâtre nô, et la peinture à l'encre de Chine. La culture Higashiyama est très influencée par le bouddhisme zen et voit la montée des esthétiques japonaises Wabi-sabi et l'harmonisation de la cour impériale (Kuge) et de la culture samouraï.
En 1464, Yoshimasa n'ayant toujours pas d'héritier, il désigne son frère Yoshimi Ashikaga en tant que successeur. Cependant, l'année suivante, à la naissance de son fils Yoshihisa, il change d'avis et désigne celui-ci comme héritier. À cause de l'entremise des seigneurs Katsumoto Hosokawa et Sōzen Yamana, soutenant chacun l'un des deux héritiers, cette situation dégénère en 1467 en un conflit appelé guerre d'Ōnin, qui durera jusqu'en 1477 et démarrera la période Sengoku de l'histoire du Japon, d'une durée d'un siècle. Au milieu du conflit, Yoshimasa se retire en 1473, abandonnant la position de Seii Taishogun à son fils Yoshihisa.
En 1489, Yoshimasa, retiré, fait construire le temple du Ginkaku-ji, ou Pavillon d'Argent à Kyōto.
ja:足利義政
Ashikaga, Yoshimasa
Ashikaga, Yoshimasa
Ashikaga, Yoshimasa
Ashikaga, Yoshimasa
Oda Nobunaga
Nobunaga Oda (織田 信長 , 23 juin 1534 - 21 juin 1582) était un daimyō important de la période Sengoku de l'histoire du Japon. Fils de Nobuhide Oda, un seigneur de guerre mineur qui ne posséedait que peu de terres dans la province Owari, Nobunaga Oda a passé sa vie sur les champs de bataille, et a conquis une grande partie du Japon avant sa mort en 1582.
Oda est le premier des trois unificateurs du Japon pendant la période Sengoku. Ces unificateurs sont, dans l'ordre, Nobunaga Oda, Hideyoshi Toyotomi et Ieyasu Tokugawa.
Vie
La jeunesse de Nobunaga
En 1534 naît Nobunaga Oda, fils du daimyō régional Nobuhide Oda au château de Shotaba. C'est le troisième fils de Nobuhide, cependant, c'est le premier qui ne soit pas né d'une concubine et est donc l'héritier du clan Oda et du domaine dans la province d'Owari. Il devient maître du château de Nagoya à un jeune âge, et est éduqué sous la tutelle d'un vieux vassal du clan Oda, Masahide Hirate, loin de son frère Nobuyuki. Pendant sa jeunesse, Nobunaga se fait remarquer par son comportement excentrique et son manque de retenue. Des gens l'appellent même ouvertement le "Grand imbécile d'Owari".
Pendant l'année 1546, Nobunaga a 12 ans et la majorité civile, et voit l'année suivante sa première, bien que courte, action militaire dans la province de Mikawa.
Dans une manœuvre politique, Masahide Hirate envoie une proposition au daimyō du clan rival des Oda de la province de Mino, Dosan Saito, pour arranger un mariage entre Nobunaga et la fille de Dosan, Nohime. Ce mariage forge une alliance entre les deux anciens clans rivaux.
L'unification de la province d'Owari
En 1551, son père Nobuhide meurt inopinément, et pendant ses funérailles, Nobunaga agit outrageusement en lançant l'encens cérémonial sur l'autel. Cet acte lui aliène beaucoup de vassaux d'Oda, en confirmant leurs préjugés de manque de discipline et médiocrité de Nobunaga ; son frère Nobuyuki, plus poli, a leur préférence.
Honteux du comportement de Nobunaga, Masahide Hirate commet le seppuku. C'est un gros coup dur pour Nobunaga, qui perd là un mentor et un vassal de valeur. Il construira plus tard un temple en l'honneur d'Hirate.
Bien que Nobunaga soit reconnu comme le successeur légitime de Nobuhide, le clan Oda est divisé entre de nombreuses factions, et même ainsi, le clan entier est techniquement sous le contrôle du vrai kanrei d'Owari, Yoshimune Shiba. Mais Shiba est en fait sans pouvoir, réellement possédé par le shugo du kanrei d'Owari : Nobutomo Oda. Nobutomo est capable de défier Nobunage pour la place de nouveau maître d'Owari, et il assassine Yoshimune lorsqu'il est clair qu'il soutient Nobunaga.
Cependant, Nobunaga parvient à persuader son oncle Nobumitsu Oda (un jeune frère de Nobuhide), de rejoindre son camp, et avec cette aide Nobunaga fait massacré Nobumoto est au château de Kiyosu, qui plus tard devient la résidence de Nobunaga pendant plus de dix ans.
Avec la mort de Yoshimune Shiba, c'est son fils Yoshikane Shiba qui devient kanrei légitime de la province. Nobunaga exploite cette position en forgeant entre une alliance lui et les clans Imagawa de la province de Suruga et Kira de la province de Mikawa, étant donné que les deux clans étaient aussi Kanrei et n'avaient aucune excuse pour refuser. Grace à cela, Nobunaga était sûr que les Imagawa arrêteraient d'attaquer les frontières d'Owari.
Nobunaga reste en position précaire au sein de son propre clan, il doit toujours compter avec son frère Nobuyuki et ses partisans toujours nombreux. Malgré cela, il dirige une armée sur la province de Mino pour aider Dosai Saito quand son fils Yoshitatsu Saito se retourne contre lui. La campagne est cependant un échec, car Dosan est tué et Yoshitatsu devient le nouveau maître de Mino en 1556.
Quelques mois plus tard, avec le soutien de Katusie Shibata et Hidesada Hayashi, Nobuyuki se rebelle contre Nobunaga. Ils sont défaits à la bataille d'Inō. Les trois reçoivent le pardon grâce à l'intervention de la mère de Nobunaga et Nobuyuki. Cependant, l'année suivante, Nobuyuki a de nouveau l'intention de se rebeller. Informé par Katsuie Shibata, Nobunaga feint la maladie et assassine Nobuyuki au château de Kiyosu.
En 1559, Nobunaga a éliminé toute opposition aussi bien au sein du clan que dans la province d'Owari. Yoshikane Shiba lui sert toujours de paravent pour maintenair la paix avec les autres daimyō (les clans Kira et Imagawa). Mais Yoshikane Shiba ne peut se contenter de cette position de marionnette, il souhaite rétablir la place du clan Shiba et correspond secrètement avec ses alliés pour se débarrasser de Nobunaga. C'est Nobunaga qui frappe Yoshikane le premier, et les alliances conclues au nom du clan Shiba deviennent ainsi caduques.
En 1560, Yoshimoto Imagawa rassemble une armée de 20 000 à 40 000 hommes et commence à marcher sur Kyoto, avec pour excuse d'aider le frêle shogunat Ashikaga. Le clan Matsudaira de Mikawa doit également rejoindre les forces de Yoshimoto.
En comparaison, le clan Oda peut à peine rassembler une armée de 5000 hommes, et les forces doivent aussi être réparties pour défendre différents forts à la frontière. On dit que dans de telles circonstances, Nobunaga a exécuté sa danse Atsumori préférée, avant de chevaucher avec seulement quelques hommes pour prier dans un sanctuaire. Aidé par un orage soudain, Nobunaga lance l'assaut sur la base de Yoshimoto et le tue, ce qui résulte en une victoire stupéfiant le pays entier. Cette bataille, appelée Bataille d'Okahazama, donne au nom de Nobunaga une proéminence nationale.
S'affaiblissant rapidement, le clan Imagawa n'exerce plus aucun contrôle sur le clan Matsudaira. En 1561, une alliance est forgée entre Nobunaga Oda et Motoyasu Matsudaira (qui sera plus tard renommé Ieyasu Tokugawa), malgré les décennies de lutte entre les deux clans.
Tenka Fubu
En 1561, à Mino, Yoshitatsu (qui avait tenu Nobunaga en échec en 1556) meurt soudainement de maladie, et son fils Tatsuoki Saito lui succède. Tatsuoki, cependant, est jeune et moins bon dirigeant et stratège que son père et son grand-père. Tirant profit de cette situation, Nobunaga déplace sa base au château de Komaki et commence sa campagne à Mino.
Nobunaga s'attache pendant plusiseurs années à convaincre les vassaux de Saito d'abandonner leur maître, affaiblit significativement le clan Saito, puis lance l'assaut final en 1567. Nobunaga prend le château Inabayama et envoie Tatsuoki Saito en exil.
Alors, Nobunaga s'installe à Inabayama, et renomme son nouveau château ainsi que la ville en Gifu, d'après le légendaire Mont Gi en Chine (Qí en mandarin), sur lequel la dynastie Zhou a démarré, révélant ainsi ses ambitions de conquête à tout le Japon. Il commence aussi à utiliser un nouveau sceau qui se lit Tenka Fubu(天下布武), ce qui signifie "Couvre ce qui est sous le Ciel avec l'épée".
En 1564, Nobunaga marie sa soeur Oichi à Nagamasa Azai, un daimyō du nord de la province d'Omi. Cela lui ouvrira plus tard la route vers Kyōto.
En 1568, Yoshiaki Ashikaga vient à Gifu, Yoshiaki était le frère du 13ème shogun Ashikaga, Yoshiteru, qui avait été assassiné et remplacé par Yoshihide Ashikaga, pantin entre les mains des assassins de Yoshiteru. Yoshiaki veut devenir shogun et demande à Nobunaga de l'aider, en lançant une action militaire contre Kyoto. Nobunaga accède à la requête de Yoshiaki, saisissant l'occasion d'entrer dans Kyoto.
Cependant, la route de Kyoto est fermée par le clan Rokkaku, qui tient le sud de la province d'Omi. Dirigé par Yoshikata Rokkaku, le clan Rokkaku refuse de reconnaître Yoshiaki en tant que shogun et est prêt à la guerre. Nobunaga lance une attaque rapide et expulse le clan Rokkaku de ses châteaux.
En peu de temps, Nobunaga rejoint Kyoto et expulse le clan Miyoshi hors de la ville. Yoshiaki devient le 15ème shogun Ashikaga. Il sera le dernier...
Yoshiaki a en effet choisi le plus dangereux des assistants : Nobunaga refuse le poste de kanrei, et rogne progressivement les pouvoirs du shogun, montrant clairement qu'il a l'intention de se servir de lui comme d'un pantin (comme il l'a déjà fait avec Yoshikane Shiba) pour justifier ses conquêtes futures. Yoshiaki ne se satisfait pas de cette situation et correspond secrètement avec divers daimyō, forgeant une alliance anti-Nobunaga (信長包囲網).
Le clan Asakura, en particulier, était irrité de la montée en pouvoir du clan Oda. Historiquement, le clan Oda était vassal du clan Asakura. Yoshikage Asakura avait temporairement protégé Yoshiaki Ashikaga mais n'était pas disposé à marcher sur Kyoto, ce pourquoi Yoshiaki s'était adressé à Nobunaga.
Nobunaga prend l'initiative d'attaquer le clan Asakura. Cela force Nagamasa Azai (mari de Oichi, soeur d'Oda) à choisir entre son alliance toute nouvelle avec Oda et l'alliance Azai-Asakura qui durait depuis des générations. Il choisit le camp Asakura. Avec l'aide des rebelles d'Ikko, l'alliance anti-Nobunaga attaque avec toutes ses forces, causant de lourdes pertes au clan Oda au cours d'une campagne de plusieurs années
Nobunaga et Ieyasu Tokugawa défont les forces combinées des clans Asakura et Azai à la bataille d'Anegawa, mat cela ne suffit pas. Année après année, Nobunaga consolide sa position et l'emporte sur ses ennemis, avec des méthodes sans pitié.
En 1571, fatigué des moines guerriers Tendai qui se cachaient dans le Enryakuji sur le mont Hiei, un fort symbole culturel, Nobunaga l'attaque et le détruit en 1571, tuant au passage de nombreux civils.
À Nagashima, la résistance d'Ikko inflige à Nobunaga de nombreuses pertes, dont deux de ses frères. Finalement, Nobunaga encercle le complexe ennemi et l'incendie, tuant à nouveau des dizaines de milliers de civils, principalement des femmes et des enfants.
A l'apogée de l'alliance anti-Nobunaga, Shingen Takeda est convaincu qu'il doit se lever contre le clan Oda. Iey | | |